Histoire des femmes ingénieurs.

Mardi 02-05-2017 à 14:30
par Claire Schlenker
Les femmes dans les Ecoles d'ingénieurs en France, un bref historique
Par Claire Schlenker
Professeure honoraire à Grenoble INP
Alors que l'enseignement secondaire féminin n'est mis en place en France qu'en 1880, les programmes du baccalauréat ne deviennent quasi identiques pour les filles et les garçons qu'en 1924. Il semble cependant que la première Ecole d'ingénieurs qui ait ouvert officiellement ses portes aux femmes fut l'Institut de chimie de Toulouse en 1908. La première femme diplômée de l'Institut Polytechnique de Grenoble (IPG) le fut en 1912. Quelques Ecoles, comme l'Ecole Centrale, acceptent des femmes pendant la guerre de 14-18 sous la pression économique et démographique. En 1925, une ingénieure diplômée de l'Institut d'électrotechnique de Grenoble (IEG, IPG), Marie Paris, crée l'Ecole Polytechnique Féminine, école qui jouera un rôle important pour féminiser le métier d'ingénieur. Ce n'est qu'en 1947 que toutes les Ecoles Nationales Supérieures d'Ingénieurs (ENSI) acceptent les femmes. En 1972, l'Ecole Polytechnique s'ouvre enfin aux femmes. En dépit de ces évolutions, le taux moyen de femmes diplômées ingénieurs restent très faible jusque dans les années 1970, par exemple voisin de 1% à l'Institut Polytechnique de Grenoble (INP). Ce taux augmente rapidement entre 1970 et 1990 pour atteindre 18% au niveau national. Entre 1970 et 2013, la progression de la féminisation se poursuit et il y a 29% de femmes diplômées dans les Ecoles d'ingénieurs françaises en 2015. Cependant les femmes vont majoritairement dans les Ecoles d'agronomie et de sciences de la vie (21%) et on n'en trouve par exemple que 4% dans les Ecoles d'électricité. De nombreux efforts sont faits actuellement pour encourager les jeunes filles à s'engager dans des études scientifiques et techniques. L'avenir dira s'ils conduiront à la parité dans un avenir pas trop lointain.
La conférencière
Professeure honoraire de physique à l’Institut Polytechnique de Grenoble. Elle a effectué sa carrière à Grenoble au sein de l'Ecole Nationale Supérieure de Physique de Grenoble (ENSPG, maintenant intégrée dans l'Ecole Phelma de Grenoble INP) et dans les laboratoires du CNRS (maintenant Institut Néel). Elle a été Directrice du Laboratoire d'Etudes des Propriétés Electroniques des Solides du CNRS, Conseillère au Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et Directrice de l'ENSPG. 
Elle est Officière de la Légion d'Honneur.


Marie-Louise Paris, fondatrice de l'institut électo-mécanique féminin en 1925 (future Ecole polytechnique féminine en 1933))

Marie Louise PARIS